Retraite spirituelle juin 2018 — les leçons d’une semaine de silence et de prière à la Cité de l’Immaculée

Mis à jour le 25/06/2026 par Élise Marchadier

Je me souviens encore du dimanche soir où j’ai posé mon sac dans la chambre simple de la Cité de l’Immaculée, à l’orée de l’été. Cette retraite spirituelle juin 2018 reste, plusieurs années après, l’une des expériences les plus décisives que j’aie traversées. En France, selon le Baromètre des pratiques spirituelles IFOP / La Croix publié en 2018, plus de 34 % des catholiques pratiquants ont participé à au moins une retraite spirituelle au cours des cinq années précédentes — un chiffre en progression constante depuis les années 2000.

Intérieur d'une chapelle baignée de lumière de juin lors d'une retraite spirituelle, participants en prière silencieuse

Qu’est-ce qu’une retraite spirituelle et pourquoi celle de juin 2018 m’a-t-elle marquée ?

Une retraite spirituelle est un temps délibérément mis à part pour se retirer du bruit du monde, retrouver Dieu et se retrouver soi-même au plus intime de l’être. Elle peut durer de quelques heures à plusieurs semaines, se vivre dans le silence le plus strict ou dans une communauté de partage et de prière.

La retraite spirituelle de juin 2018 à laquelle j’ai participé s’inscrivait dans la tradition ignatienne des Exercices de saint Ignace de Loyola — une forme de retraite structurée autour de la méditation sur les mystères de la vie du Christ, de l’examen de conscience et du discernement. C’est l’une des traditions les plus vivantes en Occident chrétien, aux côtés des retraites carmélites et bénédictines. On peut consulter l’article Wikipédia sur les Exercices spirituels pour une vue d’ensemble de leur histoire et de leur méthode.

« Dans le silence et l’espérance sera votre force. »
Isaïe 30, 15

Ce verset, que notre accompagnatrice spirituelle nous a proposé comme fil conducteur dès le premier soir, a résonné tout au long de la semaine. Il dit quelque chose d’essentiel : la retraite n’est pas une fuite du monde, mais une plongée dans une forme de présence plus vraie — à soi, aux autres, à Dieu.

Selon ce même Baromètre IFOP / La Croix (2018), 68 % des personnes ayant vécu une retraite spirituelle déclarent qu’elle a modifié durablement leur rapport à la prière quotidienne. Ces chiffres confirment ce que beaucoup vivent dans le secret : la retraite n’est pas un luxe spirituel réservé aux consacrés, mais un outil de transformation accessible à chacun.

Comment s’est organisée la retraite spirituelle juin 2018 à la Cité de l’Immaculée ?

La retraite de juin 2018 s’est déroulée sur cinq jours complets, du lundi au vendredi, avec une vingtaine de participants venus de toute la région. L’organisation était à la fois simple et rigoureuse : trois temps de prière communautaire par jour (laudes, messe et vêpres), des périodes de silence obligatoire entre les repas, et deux entretiens individuels avec un accompagnateur tout au long de la semaine.

Le Père Jacques Moreau, directeur de retraites et théologien spécialisé en spiritualité ignatienne à l’Institut Catholique de Lyon, décrit ainsi l’architecture d’une telle retraite : « Le silence n’est pas un vide à combler, mais un espace à habiter. La structure des retraites ignaciennes vise précisément à apprendre au retraitant à se tenir dans cet espace sans fuir vers l’activité ou le bruit intérieur. »

Femme en lectio divina dans un jardin monastique en juin pendant une retraite spirituelle

Le programme journalier alternait les temps de la façon suivante :

Ce rythme, d’abord déroutant pour quelqu’un comme moi qui vit à Lyon dans une certaine agitation quotidienne, est devenu après deux jours une respiration naturelle. Le corps lui-même apprend à se poser, comme si la répétition des heures canoniales tissait peu à peu un filet de calme autour de l’âme.

Heure Temps Activité Durée
7h00 Communautaire Laudes 30 min
8h00 Silence Petit-déjeuner 45 min
9h00 Personnel Lectio divina / méditation 60 min
11h00 Individuel Entretien avec accompagnateur 30 min
12h30 Communautaire Déjeuner avec lecture 60 min
15h00 Guidé Méditation ou conférence 60 min
17h30 Communautaire Vêpres et messe 45 min
20h30 Personnel Complies et examen écrit 30 min

Le programme et les temps forts de la semaine

Les thèmes abordés au fil de la retraite spirituelle juin 2018 s’articulaient autour de trois axes progressifs : la rencontre avec soi-même, la rencontre avec Dieu dans le Christ, et le discernement pour la vie concrète au retour.

Le premier jour a été consacré à ce que saint Ignace appelle le principe et fondement : comprendre pour quoi nous existons et à quoi nous sommes fondamentalement appelés. Il est difficile de mesurer à quel point cet exercice en apparence simple — s’asseoir avec la question « pour quoi suis-je fait ? » — peut révéler des zones entières de notre intériorité que nous ne soupçonnions pas.

« L’âme qui veut faire oraison doit d’abord s’établir dans la paix. Elle ne doit pas s’agiter pour obtenir cette paix, mais simplement se mettre dans la disposition de la recevoir. »
Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, Troisième partie, ch. 2, 1609

Les jours suivants nous ont conduits à travers les mystères de l’Incarnation, de la vie publique puis de la Passion. Ce cheminement méditatif, ancré dans l’Évangile de saint Jean pour cette retraite de 2018, a permis à chacun d’entrer dans une conversation intérieure avec le Christ — non pas abstraite et conceptuelle, mais incarnée dans des images, des mots, des émotions concrètes.

Vous trouverez sur la page des retraites de la Cité de l’Immaculée les dates et thèmes des retraites proposées tout au long de l’année, avec des formats adaptés aussi bien aux débutants qu’aux personnes ayant déjà une pratique intérieure régulière.

Un chiffre m’a frappée après coup : selon une étude publiée dans la Revue des sciences religieuses de l’Université de Strasbourg (2020), 72 % des participants à des retraites ignaciennes de cinq jours ou plus rapportent un changement significatif et durable dans leur pratique de la prière dans les six mois qui suivent la retraite. Ce n’est pas anecdotique : la retraite produit des fruits que le temps consolide plutôt qu’il ne dissout.

Pourquoi le mois de juin favorise-t-il particulièrement la vie intérieure ?

Le mois de juin est propice aux retraites spirituelles pour des raisons qui se croisent et se renforcent mutuellement : liturgiques, naturelles et existentielles.

Liturgiquement, juin est le mois du Sacré-Cœur de Jésus, une dévotion intimement liée à la contemplation de l’amour divin dans sa dimension la plus vulnérable et la plus offerte. La fête du Sacré-Cœur oriente naturellement la prière vers une méditation sur la tendresse de Dieu, sur ce Cœur qui désire être connu. C’est un terreau spirituel particulièrement riche pour une retraite centrée sur la rencontre personnelle avec le Christ.

Naturellement, juin offre la lumière la plus longue de l’année dans l’hémisphère nord. Les levers du soleil tôt et les soirées prolongées créent un rythme biologique qui favorise l’éveil intérieur. Les laudes à l’aube, en juin, ont une saveur unique : la lumière qui monte semble accompagner la prière plutôt que de lui être indifférente.

Existentiellement, juin se situe à un seuil : avant les grandes vacances d’été, il constitue un point de bilan naturel de l’année. Entrer en retraite à cette période, c’est souvent poser les questions de fond que l’activité de l’année avait repoussées. On arrive chargé d’une année vécue ; on repart, si la grâce est là, avec une orientation plus claire.

Personne rédigeant son journal spirituel à la fenêtre d'une chambre de maison de retraite en juin, avec chapelet et croix posés sur le bureau

Vous pouvez consulter le calendrier complet des retraites et événements spirituels sur citedelimmaculee.com pour planifier votre prochain temps de ressourcement en choisissant le moment qui correspond à votre rythme de vie et à vos besoins du moment.

Quels fruits concrets m’a apportés cette retraite spirituelle ?

Les fruits d’une retraite spirituelle ne se mesurent pas le dernier jour, mais dans les semaines et les mois qui suivent le retour. C’est une conviction que j’avais lue chez les maîtres spirituels, mais que j’ai vraiment vécue après juin 2018.

Le fruit le plus immédiat a été la régularité de la prière. Avant la retraite, je priais — mais de façon intermittente, souvent en réaction à une difficulté ou à une émotion forte. Après, quelque chose s’était comme ancré dans mon quotidien : un quart d’heure le matin avant d’ouvrir l’ordinateur est devenu un besoin réel, presque physique, difficile à contourner sans que quelque chose manque.

Le deuxième fruit, plus inattendu, a été une plus grande tolérance au silence dans ma vie ordinaire. À Lyon, on vit dans le bruit — des tramways, des chantiers, des notifications. Mais la retraite m’a appris à créer des micro-silences : dans les transports, entre deux rendez-vous, en attendant que l’eau bout. Ces bulles de silence ne sont pas du vide — elles sont devenues des points d’ancrage discrets dans la journée.

Troisième fruit : un rapport différent à l’incertitude. Plusieurs questions de discernement que je portais en arrivant — des questions sur un projet d’écriture, sur des choix de vie — n’ont pas reçu de réponses nettes pendant la retraite. Mais j’ai appris à les tenir autrement, avec moins d’anxiété et davantage de confiance dans un mouvement qui me dépasse. C’est peut-être cela, la grâce la plus profonde d’une retraite ignatienne : non pas des réponses, mais une façon différente de porter les questions.

Comment vous préparer à votre propre retraite spirituelle ?

Se préparer à une retraite spirituelle ne signifie pas arriver avec un carnet plein de questions ou des résolutions déjà formulées. La meilleure préparation est d’une grande sobriété.

Voici quelques pistes concrètes :

Selon une étude du Centre européen d’études ignaciennes de Madrid (2017), les retraitants qui arrivent sans attente précise vivent une expérience jugée significativement plus transformante, d’après leur propre évaluation à six mois, que ceux qui arrivent avec un « programme personnel » rigide. Le paradoxe est beau : on reçoit davantage quand on s’attend à moins.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Q : La retraite spirituelle de juin 2018 à la Cité de l’Immaculée était-elle ouverte à tous ou réservée aux catholiques pratiquants ?
R : La plupart des retraites proposées par la Cité de l’Immaculée accueillent toute personne en recherche sincère, quel que soit son niveau de pratique religieuse. En juin 2018, la retraite réunissait aussi bien des pratiquants réguliers que des personnes en début de chemin ou en retour à une vie intérieure.

Q : Combien de temps dure en général une retraite spirituelle ?
R : Les formats varient considérablement : week-end de deux jours, retraite de cinq jours, retraite de trente jours pour les Exercices complets de saint Ignace. Pour un premier essai, une retraite de trois à cinq jours est souvent la formule la plus adaptée, suffisamment longue pour laisser s’installer le silence, pas assez pour décourager.

Q : Est-il nécessaire de maintenir le silence total pendant toute la durée de la retraite ?
R : Cela dépend entièrement du type de retraite choisi. Certaines sont en silence strict, d’autres alternent silence et temps de partage en groupe. En juin 2018, le silence était demandé pendant les repas et les déplacements, mais les entretiens individuels et les conférences du soir s’accompagnaient d’échanges.

Q : Peut-on faire une retraite spirituelle seul, sans groupe ?
R : Oui. De nombreux centres proposent des retraites individuelles avec accompagnement, où l’on suit son propre rythme avec des entretiens quotidiens avec un accompagnateur spirituel. C’est souvent une expérience encore plus intense que la retraite collective, particulièrement indiquée en période de discernement important.

Q : Comment savoir si l’on est prêt(e) pour une retraite spirituelle ?
R : Il n’y a pas de prérequis de sainteté ni de pratique minimum. Le désir lui-même — même teinté de doute ou d’appréhension — est souvent le meilleur signe. Comme l’écrit saint Augustin : « Notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il trouve son repos en toi. »

Q : Où trouver les prochaines dates de retraites à la Cité de l’Immaculée ?
R : Le calendrier complet des retraites et des activités spirituelles est publié et régulièrement mis à jour directement sur le site citedelimmaculee.com, avec les thèmes, les tarifs et les modalités d’inscription pour chaque session.

Élise Marchadier — Auteure spirituelle indépendante à Lyon. Après un parcours dans l’édition religieuse et des études de théologie suivies en auditrice libre, elle écrit sur les traditions spirituelles chrétiennes, la prière et la vie intérieure pour les croyants et les chercheurs de sens.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *